Centre d’Études Ibériques et Ibéro-Américaines - Cultures romanes et amérindiennes (CEIIBA)


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Axe 2

Contre-archives : intersectionnalité et savoirs situés


 Responsable : Marie-Agnès PALAISI et Michèle SORIANO

Les minorités sociales, racialisées et sexualisées, ont été et sont encore, pour certaines, bâillonnées, mutilées, effacées et oubliées. Les archives des ethnies décimées sont à reconstruire à partir des maigres documents qui restent et de la voix de leurs descendants. L’histoire des minorités sexuelles doit également être rendue visible en récupérant les témoignages passés sous silence par les administrations des régimes autoritaires, ou simplement de tradition homophobe et hétéronormée, car ceux-ci permettent d’accéder à un nouvel éclairage sur le passé et d’instaurer de nouveaux rapports à notre présent.
De nouvelles « technologies du genre », dans les interstices des récits et des pratiques hégémoniques, ouvrent la possibilité de valoriser des sources non canoniques pour accéder à une histoire encore en cours d’invention. C’est la tekhnê de Michel Foucault que les philosophes du genre reprennent comme concept dans cette expression. La technique, comprise par Foucault comme instrument de production du sens, comme art, c’est-à-dire à la fois comme technique et comme pratique, rend possible l’accès à l’Histoire dans la diversité de ses lieux d’énonciation, par toutes les « petites histoires » dont le « différend », pour reprendre l’expression de Françoise Colin (« le différend des sexes ») crée les liens nécessaires à la construction d’archives nouvelles qui soient communes : celles de toutes et tous. Nous organiserons nos travaux autour de deux orientations scientifiques :