Contre-archives minoritaires. Formes populaires et cultures subalternes

On entend par « Contre-archives minoritaires. Formes populaires et cultures subalternes » d’une part l’identification des corpus qui pourraient constituer une mémoire historiographique des minorités, et d’autre part, l’étude des productions oubliées ou bien classées dans les genres mineurs de la littérature, ainsi que l’intégration des sources tenues pour non fiables dans la construction d’un savoir historique. Comme l’écrit A. Gramsci : « Les classes subalternes subissent toujours l’initiative des classes dominantes même quand elles se rebellent ; elles sont sur la défensive et sur le qui-vive. Toute trace d’initiative autonome de la part des classes subalternes devrait donc être d’une valeur inestimable pour l’historien intégral ; il résulte de cela qu’une telle histoire ne peut être traitée que par monographies et que chaque monographie demande une somme considérable de matériaux souvent difficiles à rassembler ». Ainsi on pourrait parler de cultures censurées, niées, persécutées, mais aussi de genres subalternes dans une vision élitiste de la littérature: genres marginaux, genres entre-deux etc. 

Cette approche consistera à rendre visible les voix tues par l’histoire officielle en mettant en évidence les rapports de classe, les rapports coloniaux et postcoloniaux représentés dans les arts et littérature qui peuvent dès lors être considérés comme des contre archives. Le goût de l’archive (Farge 1989) n’est pas la propriété exclusive de l’historien mais, il intéresse aussi le critique littéraire, le linguiste et l´éditeur. Beaucoup d’écrivain-e-s contemporain-e-s se sont donné comme objectif la dénonciation des rapports de pouvoir, coloniaux et postcoloniaux, entre ethnies, classes sociales et cela à partir des formes les plus diverses susceptibles de donner un territoire symbolique, au moins, à ces voix minoritaires, oubliées, rendues inaudibles ou illégitimes par les pouvoirs autoritaires.

Le champ d’investigation est principalement celui des cultures romanes qui sont toutes représentées dans notre UR (espagnol, portugais, italien). Les supports peuvent être multiformes puisque le propre de ces expressions culturelles populaires ou minoritaires est aussi celui de sortir des académismes.