Champs du savoir: conflits dans la définition et la constitution des archives


Resp.: José Contel et Cécile Mary Trojani

Reconstruire l’histoire des minorités ethniques (ou majoritaires démographiquement mais culturellement dévalorisées) ou sociales à travers les discours institutionnels normés des élites, questionner les traditions historiographiques et artistiques, reconstruire des stratégies mémorielles, lieux de mémoire, jeux et enjeux de commémoration, est un défi, compte tenu de la dispersion des archives et malgré la censure, obligeant à un patient travail de reconstitution.

La question de l'accès aux archives et de leur conservation, dans des conditions de fiabilité, reste un enjeu d'actualité. Au-delà du papier, la constitution de collections d’objets ethnographiques et archéologiques est un autre champ d’étude passionnant mais tout aussi dispersé, L’archive pose aussi la question de sa diffusion. Passée la phase vive au cours de laquelle le document remplit encore sa fonction administrative, l’archive devient historique et se mue en fonds documentaire, qui peut poser la question de sa constitution (sélection ou pas). Elle devient ainsi une source essentielle de l’historiographie dont elle va nourrir les récits. 

Que l’on considère les projets des divers ordres religieux, la constitution de codex ou de collections botaniques, l’émergence de salons de curiosités ou de jardins, de glossaires, thesaurus, vademecumdivers, notamment en langues étrangères, la période couverte à travers les spécialités des chercheurs fait apparaître des continuités, des généalogies et des échos. Il s’agit de repérer et de pointer les segments les plus significatifs de ces processus et de mettre en relation archive et formation, archive et didactique.